LE VAGABOND
Un homme passe dans la rue
errant sans but
dans le petit matin blafard ;
Brume de cafard,
brouillard glissant mouillé de pluie
se colle à lui,
glace son visage et ses mains ;
il ne sent rien.
Un chat s’enfuie sur le trottoir,
ombre sournoise
aussitôt happée par le soir.
Un frôlement, un miaulement,
bruits bizarres, sons inquiétants
qui se confondent dans le noir,
étouffés par un ciel si bas
qu’il colle à chacun de ses pas,
le suit, le précède à la fois,
et coiffe d’un halo poisseux
ce fantôme de nulle part
qui déambule, seul et hagard.
Un homme traîne dans la rue,
âme perdue.
Un rat s’enfuie d’une poubelle
qui dans un concert métallique
roule sur le pavé glissant,
semant ses immondes reliques,
libérant de fades relents,
répandant des odeurs fétides.
De la pourriture à la pelle
s’étale dans les quartiers sombres
où d’inquiétantes silhouettes
se dissimulent entre deux ombres.
Un homme pleure dans la nuit,
mort en sursis.
La misère est son seul tribut,
le jardin public son abri,
les chiens perdus ses seuls amis.
Ventre vide et tout en haillons,
il en a perdu la raison
et toute raison d’exister.
Ponts solitaires,
soupe populaire,
sa vie n’est plus qu’un grand désert
pire que l’enfer.
Un homme est passé dans la nuit
et son pas, à jamais, s’est tu.
L’as-tu seulement vu ?










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